Avis favorable du CSCEE sur le diagnostic structurel des immeubles collectifs
Le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique (CSCEE) a récemment donné son aval à un projet de décret et un arrêté visant à instaurer un diagnostic structurel obligatoire pour les immeubles collectifs. Cet avis, bien que positif, comporte certaines réserves visant à optimiser la mise en œuvre de cette mesure. L’objectif principal de cette initiative est de prévenir les risques d’effondrement des bâtiments en mauvais état et de faciliter la rénovation de l’habitat dégradé.
Objectifs et enjeux du diagnostic structurel
Le diagnostic structurel a été conçu pour identifier les faiblesses des immeubles anciens et dégradés. En accélérant le processus de diagnostic, le CSCEE espère simplifier les démarches de rénovation, rendant ainsi le parc immobilier plus sûr et plus durable. Cette mesure s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer la sécurité des habitants et de promouvoir des normes de construction plus strictes.
Obligations légales des communes
Identification des zones à risque
La loi autorise certaines communes à exiger un diagnostic technique structurel pour les bâtiments situés dans des zones d’habitat dégradé et ancien. Les maires sont responsables de la définition précise de ces zones, garantissant ainsi que les diagnostics sont ciblés sur les bâtiments les plus vulnérables.
Fréquence des diagnostics
Pour les immeubles de plus de quinze ans, un diagnostic structurel doit être réalisé au moins une fois tous les dix ans. Cette fréquence permet de suivre l’évolution de l’état des bâtiments et de prendre les mesures nécessaires avant que des dégradations majeures ne surviennent.
Critères de définition des secteurs géographiques
Dans son avis publié le 11 avril 2025, le CSCEE a insisté pour que les critères de définition des secteurs géographiques soumis au diagnostic structurel soient clairement explicités dans le décret. Cette précision est essentielle pour assurer une application uniforme de la mesure et éviter toute ambiguïté administrative.
Qualifications des professionnels du diagnostic structurel
Exigences en matière d’assurance
Le CSCEE a estimé inutile d’exiger des professionnels réalisant le diagnostic structurel la souscription à une assurance décennale. À la place, une assurance responsabilité civile professionnelle serait suffisante, car elle couvre adéquatement les missions spécifiques liées à ce type de diagnostic.
Niveau de qualification requis
Les opinions divergent au sein du CSCEE concernant le niveau de qualification des diagnostiqueurs. Certains membres estiment qu’une personne titulaire d’un bac +3 avec une expérience professionnelle dans le domaine peut effectuer le diagnostic. D’autres plaident pour une exigence plus élevée, recommandant un bac +5 afin d’assurer une expertise approfondie.
Obligations des copropriétés
Pour les immeubles soumis au statut de copropriété, l’obligation de réaliser un diagnostic structurel sera considérée comme accomplie dès l’élaboration du projet de Plan de Prévention des Risques (PPR). De plus, le propriétaire ou le syndic de l’immeuble devra transmettre le diagnostic ou, le cas échéant, le projet de PPR à la commune dans un délai de dix-huit mois. Cependant, certains membres du CSCEE jugent ce délai trop court et proposent de l’étendre à vingt-quatre mois pour permettre une meilleure organisation des assemblées générales des copropriétés.
Prochaines étapes et mise en œuvre
Avec l’avis favorable du CSCEE, le projet de décret et d’arrêté est en passe d’être finalisé. Les prochaines étapes incluent la définition précise des critères géographiques, la clarification des exigences en matière de qualifications professionnelles et l’ajustement des délais de transmission des diagnostics. Ces mesures visent à garantir une mise en œuvre efficace et pragmatique du diagnostic structurel, contribuant ainsi à la sécurité et à la durabilité du parc immobilier collectif.
Tous droits réservés Actu-Environnement. Reproduction interdite sauf autorisation préalable.
